Rejoindre Moderna: objectif et motivation
Qu'est-ce qui vous a poussé à rejoindre Moderna? Et au-delà du poste en lui-même, qu'aviez-vous l'impression de venir construire?
Pour moi, deux éléments étaient essentiels. Après avoir travaillé à l’international pendant plusieurs années, je souhaitais avoir un impact chez moi, au Canada; je voulais construire et contribuer à quelque chose de plus grand, ici, au Québec.
Parallèlement, Moderna s’engageait dans une démarche importante visant à implanter une présence industrielle au Canada, afin de renforcer les capacités et la résilience locales dans le domaine de la biofabrication.
Ainsi, lorsque l’occasion s’est présentée, il ne s’agissait pas simplement de construire une nouvelle usine pour Moderna — cela ne se résume jamais à de la maçonnerie. Il s’agissait d’aider à ancrer ici une technologie transformatrice: internaliser des capacités, des connaissances et une expertise au potentiel immense.
Car le potentiel de la plateforme ARNm, à mon sens, est encore loin d’être pleinement exploité.
Au fond, le leadership commence bien avant qu’il y ait une usine à faire fonctionner; il commence quand il n’y a encore rien à gérer, seulement quelque chose à construire. Pour moi, c’était là l’essentiel: contribuer à quelque chose de fondamental, chez nous.
Bâtir l’équipe
Concrètement, comment cela s'est-il traduit pour vous sur le terrain, en tant que dirigeant Et quand il s'agissait de constituer l'équipe, qu'est-ce qui comptait vraiment?
Quand je suis arrivé en mi-2023, nous n’étions que deux sur place. Nous travaillions encore dans des baraques de chantier. Entre février 2023 et février 2024, nous avons construit le site en un an jour pour jour. Mais au-delà de la construction physique, le véritable défi résidait dans les ressources humaines.
Les gens nous disaient: «Vous avez cinq personnes sur place et vous voulez produire un vaccin. Comment comptez-vous vous y prendre?»
En réalité, lorsque nous avons ouvert les premières offres d’emploi – 10 postes –, nous avons reçu plus de 300 candidatures de candidats hautement qualifiés du monde entier. La diversité des profils était remarquable.
L’expertise technique allait de soi, mais c’est l’état d’esprit qui nous a distingués. Je n’ai pas été choisi pour ma spécialisation approfondie en ARNm, mais pour aider à constituer une équipe où cette expertise pourrait se rassembler et porter ses fruits.
J’ai été choisi pour mon expérience dans la fabrication biopharmaceutique, l’ARNm étant une modalité plus récente pour moi — ce qui souligne notre volonté de réunir des expertises diverses et complémentaires.
Ce que nous recherchions, c’était:
- De la curiosité
- De l’humilité
- Un sens du devoir et une adhésion à la raison d’être de notre travail.
Dans un nouvel environnement, où l’on construit beaucoup de choses qui n’existent pas encore, l’expertise seule ne suffit pas.
C’est la combinaison de solides compétences et d’un état d’esprit adéquat qui permet aux équipes de s’adapter, d’apprendre rapidement et de relever les défis ensemble. Lorsque les personnes sont unies autour d’un «pourquoi», elles peuvent surmonter les défis ensemble.
De la création à la maintenance
À un moment donné, la phase de construction cède la place à autre chose. Quand avez-vous ressenti ce passage entre «faire avancer les choses» (la phase de construction) et «faire en sorte que les choses durent»? Qu'est-ce qui a changé pour vous?
Cette année, nous sommes passés d’une approche axée sur les projets à une approche opérationnelle. Pendant la phase de construction, nous étions soumis à des échéances et des délais très serrés. Nous avons travaillé d’arrache-pied, mais à un certain moment, il est devenu évident que ce rythme n’était pas tenable. La plus grande leçon que j’en ai tirée, c’est l’importance de gérer son énergie sur le long terme.
Nous avons alors dû mettre en place davantage de structure:
- Systèmes
- Processus
- Équilibre global
Le véritable tournant en matière de leadership se produit lorsque l’on passe de la production de résultats à la mise en place d’un système qui les génère de manière constante. J’ai dû ajuster mon approche et m’adapter à des situations qui peuvent varier.
Je me vois comme un berger: parfois devant, parfois derrière, parfois au milieu. Parfois, il faut donner une direction; d’autres fois, il faut protéger l’équipe.