De nombreux conseils d’administration ont le sentiment qu’il leur manque quelque chose. Qu’il s’agisse d’une acquisition en vue, de l’entrée de l’entreprise sur un nouveau marché ou du départ prochain d’un administrateur de longue date, le réflexe est de chercher un nom.
Mieux vaut d’abord s’entendre sur la mission, dresser le portrait des compétences de chaque administrateur et cerner les lacunes avant d’entreprendre le recrutement d’administrateurs.
Cet article explique ce qui peut servir de boussole à un conseil et comment une matrice des compétences permet de passer des bonnes intentions à des décisions fondées sur des faits et prises avec assurance.
Pourquoi chaque conseil a besoin d’une boussole
Chaque conseil a besoin d’une boussole pour s’orienter. Pour beaucoup, la matrice des compétences joue ce rôle. Elle permet de vérifier concrètement si le conseil possède les compétences nécessaires pour suivre cette direction.
Une boussole bien définie protège aussi la relation de travail entre le conseil et le chef de la direction. La gouvernance relève du conseil : il définit les orientations, assure la surveillance des risques et exige que l’organisation rende des comptes. La direction gère les activités. Lorsque chacun comprend son mandat, les échanges restent constructifs et les administrateurs peuvent apporter leur contribution sans intervenir dans la gestion quotidienne.
Partner, Pender & Howe
„Un conseil perd le cap sans boussole, c’est-à-dire sans matrice des compétences. Cette matrice fait ressortir les « superpouvoirs » que chaque administrateur apporte au conseil. Elle montre clairement qui siège au conseil, ce que chaque administrateur apporte et quelle expérience essentielle fait défaut.“
Glenn Lesko
Le conseil, une courtepointe
On peut comparer un conseil à une courtepointe. Celle-ci se compose de pièces de tissu distinctes qui, une fois assemblées, forment un tout.
Le conseil fonctionne de la même façon : chaque administrateur apporte des compétences uniques — ses « superpouvoirs » — et tous contribuent ainsi à former un conseil solide et efficace.
Élaborer la matrice des compétences
Une matrice bien conçue fait ressortir les compétences propres à chaque administrateur. Les conseils s’en tiennent souvent à des profils familiers : expert en finances, avocat ou expert en ressources humaines. Les titres constituent un point de départ utile, mais ce sont les compétences que le conseil met réellement à profit.
Pour garder la démarche concrète, suivez ces quatre étapes :
- Appuyez-vous sur la boussole du conseil et convenez des compétences clés nécessaires à une gouvernance exemplaire. Il peut s’agir d’une expérience en finances ou en ressources humaines, d’une expertise en droit ou en évaluation des risques, ou encore de la fidélité à la mission.
- Définissez les compétences requises, y compris les compétences émergentes en intelligence artificielle et en cybersécurité, ainsi que l’éventail d’expériences et de points de vue recherchés.
- Demandez à chaque administrateur de procéder à une autoévaluation franche de ces compétences.
- Examinez les résultats ensemble pour dégager un portrait des expertises bien représentées, des lacunes à combler et des domaines où plusieurs administrateurs possèdent les mêmes compétences.
Une matrice bien conçue permet de repérer les domaines de compétence sous-représentés au sein du conseil actuel.
L’autoévaluation demande du doigté. Les administrateurs ont une vaste expérience et des réalisations à leur actif. L’exercice fonctionne mieux lorsqu’ils s’y sentent à l’aise et le jugent utile, plutôt que d’y voir une évaluation. Présenté comme un regard collectif sur la composition du conseil, et non comme un jugement sur chacun, il favorise un échange plus franc sur le renouvellement et la relève.
Au-delà des compétences techniques
La matrice dresse le portrait des compétences des administrateurs. Mais face à l’accélération des changements, qu’il s’agisse des nouvelles technologies ou de l’évolution des attentes en matière de gouvernance, leur façon de prendre des décisions compte tout autant.
Certaines qualités comptent particulièrement. L’esprit critique permet de remettre les hypothèses en question et d’examiner les faits. La curiosité incite l’administrateur à approfondir les domaines qu’il connaît moins. Un bon jugement permet de soupeser des points de vue divergents avant de décider. Savoir écouter, puis remettre les idées en question de façon constructive, fait avancer les échanges. L’adaptabilité aide à composer avec un changement de plan, et l’humilité permet de dire plus facilement « Je ne sais pas » devant d’autres personnes d’expérience.
Ces compétences s’évaluent moins facilement que celles qui touchent la surveillance financière ou la cybersécurité, mais elles n’en sont pas moins réelles. Dans le recrutement d’administrateurs, ces compétences comportementales se révèlent au fil des échanges, lors de la vérification des références et dans la façon dont un candidat parle de son expérience. L’expertise permet à un candidat de figurer sur la liste restreinte. Les comportements déterminent souvent la réussite de la collaboration entre le conseil et le nouvel administrateur.
De la matrice au recrutement fondé sur les compétences
Une fois les lacunes révélées par la matrice, le conseil connaît les compétences essentielles à rechercher. Il peut ainsi orienter le recrutement d’administrateurs vers le bon profil. La matrice lui fournit aussi des critères uniformes pour évaluer les candidats et s’appuyer sur des faits plutôt que sur l’intuition ou les réseaux habituels.
« Le recrutement fondé sur les compétences assure l’adéquation entre les compétences du candidat et les besoins du conseil. Lorsque le recrutement d’administrateurs s’appuie dès le départ sur la matrice, nous comparons des compétences réelles à des besoins réels. » — Travis Hann, Founder & Managing Partner, Pender & Howe
Ces mêmes critères permettent de repérer rapidement un profil qui ne convient pas, avant toute nomination. Un candidat peut avoir un parcours impressionnant, mais apporter des compétences que le conseil possède déjà. Le reconnaître clairement et en discuter avec respect sert les intérêts de chacun.
Comment Pender & Howe vous accompagne
Chez Pender & Howe, pour constituer un conseil performant, nous commençons par comprendre sa composition actuelle et les compétences de chaque administrateur. Un recrutement d’administrateurs rigoureux repose sur une relation de travail, et non sur une simple transaction. Nous accompagnons le conseil du premier échange jusqu’à la nomination. À chaque étape, nous évaluons tous les candidats en nous appuyant sur la même boussole.
Le recrutement d’administrateurs consiste à repérer et à attirer les administrateurs qui conviennent aux sièges à pourvoir. Les services-conseils aux conseils d’administration vont plus loin. Ils s’intègrent à la stratégie du conseil et à sa planification de la relève, et reposent sur une relation de confiance qui se construit avec le temps. Une matrice des compétences appuie ces deux services : elle précise le mandat de recrutement d’administrateurs et, pour les services-conseils aux conseils d’administration, clarifie l’orientation du conseil.
Si votre conseil ne dispose pas encore d’une matrice à jour, ou si celle-ci ne reflète plus l’orientation de l’entreprise, nous serons heureux d’en discuter avec vous.
Avec des bureaux à Toronto, à Montréal, à Vancouver, à Calgary, à Edmonton, à Boston et à New York, Pender & Howe allie l’implication directe de ses associés, propre aux cabinets spécialisés, à une connaissance approfondie des secteurs des technologies, des sciences de la vie, de l’industrie, des biens de consommation et des services professionnels.